Ce au nom de quoi, le mensonge se pare des plus beaux atours dans la confusion des miroitements des lanternes, où l'hypocrisie s'admire elle-même dans des jeux vains
La chose au nom de quoi, on fait ses petites affaires pour justifier les fondements des sacrifices que l'on fait sur le dos des autres
Ce au nom de quoi, pour l'enfant de nos contrées qui nous tire des larmes plus faciles
on tait l'enfant d'une autre couleur élevé pour prélever sa chair, et la vendre au poids
La chose au nom de quoi, le parent se détourne de la perception juste de son enfant
qui se découvre différent, homosexuel ou autre, et lui refuse sa légitimité d'être humain
Ce au nom de quoi l'enfant nourri de froideur et de trahison, dans la noirceur de la nuit
va donner la mort et la maladie, de son sexe et de sa main dans toutes les ivresses
qui rendent la mort belle, dans le feu et le sang aussi
La chose au nom de quoi l'enfant nourri de fer, de glaive, de mensonges et de silences
ouvre sa chair de ses propres mains, pour en faire une oeuvre d'art, et jouit du regard de la souffrance,
car c'est tout ce qui peut lui rester
Ce au nom de quoi sa gorge s'est consumée, car la première fois le fer en fusion a coulé du lait du regard de son père et de sa mère
La chose au nom de quoi l'on fait du sexe un horizon d'immondices, quand l'amour s'en est absenté, sous nos contrées, mais surtout ailleurs, parce que c'est plus "discret" et plus "convenable"
Ce au nom de quoi s'entremêlent nos indifférences, nos silences, nos cécités et nos passivités, parés de sourires
La chose au nom de quoi, se noie le cerf épuisé dans sa migration, dans le fleuve devenu trop large comme une mer, les glaces ayant fondu, les cours des fleuves ayant été détournés
Ce au nom de quoi, le corail se replie dans sa disparition, au sein d'îles jardins qui se noient et ne resteront plus que dans la mémoire de ceux qui auront foulé jadis leur sol
La chose au nom de quoi le boeuf hagard écoute Mozart, sous une légère bruine, un pic acéré, comme un épée de Damoclès prêt à s'enfoncer dans son cerveau
Ce au nom de quoi, la poule cherche encore à décrypter Mozart avec la seule chose qui lui reste entière, son ouïe, sous la même douce bruine qui garantit la tendreté de sa chair et son prix apte à la rendre savoureuse aux peuplades rendues pauvres
Ce qui fait que l'on ne changera rien
à ce qui peut l'être.
Ce que l'on trahit le plus et qu'on érige en carotte,
en packaging sur du vent
Le coeur
Ficelé
Ce vis à vis de quoi un jour l'on a à s'engager clairement si l'on veut avoir une chance d'avoir un instant un visage d'être humain avant de mourir et disparaître
Le coeur
est ailleurs
il bat les sentiers hors des sentiers battus
il n'a pas de couleur et toutes les couleurs
il n'a pas de sexe et tous les sexes
Il n'a pas un langage mais parle toutes les langues
Ma fidélité à ce coeur
détourne ma destinée
de ceux qui l'ont érigé en religion, y compris religion "laïque"
comme on construit une caisse, ou une geôle,
et le trahissent dans leurs actes, dans la génération des causes obscures
qui font les conséquences noires
ceux qui s'en réclament et l'affichent ostensiblement sous toutes ses formes
pour mieux se fustiger et célébrer la souffrance et le mal sous des airs angéliques
qui s'en détournent pour mieux s'en réclamer
Les nuées, les foules, les multitudes d'aveugles du coeur, qui l'on fait d'airain
pour en faire une arme
Moi la seule chose en moi qui ne puisse pas être une arme
est ce coeur
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vivant comme une lumière
toujours qui montre le chemin
dans la plus grande des libertés qu'il offre

Nous ne pouvons que souhaiter que la réincarnation n'existe pas
pour ne pas connaître :
le métal qui coule dans notre gorge
l'étouffement de la noyade infligée
le pic acéré qui s'imisce dans nos chairs
le parent qui se détourne
la froideur de la geôle sur notre chair nue
le sourire de celui qui ne veut pas nous voir saigner
et la solitude du scorpion qui décrépit dans le sable irradié.
Il reste que ce que l'on fait
est ce qui peut nous être fait.

Vous avez dit